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À chaque site son espace de liberté créative ! Ici, nous parlons de tout… ou presque ! Ce que l’on a aimé, ce que l’on adore encore passionnément, ce qui nous a intéressé un peu, beaucoup, à la folie… bref, nos envies, nos lubies, nos fantaisies ! 

Si vous aussi vous souhaitez nous faire partager vos intérêts, vous pouvez nous envoyer nos articles à l’adresse suivante : nousaimons@relisons.org

 
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le 24/06/2014

Transitions vous convie à un colloque international

25-28 juin 2014

Co-organisateurs (pour Transitions) : François Cornilliat, Jérôme David, Lise Forment et Hélène Merlin-Kajman
Avec l'aide de Mathilde Faugère
Et le soutien de l'EA 174 et la School of Arts and Sciences (Rutgers University)

 

LITTÉRAIRES :

de quoi sommes-nous les « spécialistes » ?

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi matin :
Centre Censier, 13, rue de Santeuil (75005), Salle D02

 

ARGUMENT

Le colloque « “Littérature” : où allons-nous ? » organisé à la Sorbonne-Nouvelle les 2-4 octobre 2012 par Hélène Merlin-Kajman et François Cornilliat sous l’égide de Transitions avec l’appui de l’EA 174 (Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3) et de la School of Arts and Sciences (Rutgers University) a fait apparaître autant de divergences que de convergences entre les « littéraires » .

Divergences : la littérature est-elle soluble dans la rhétorique, dans les discours ? Dans l’histoire sociale ? Dans l’histoire culturelle, ou celle des idées ? Dans l’absolu littéraire ? Ce singulier, la littérature, est-il justifié ? Ne relève-t-il pas d’un universalisme dénué de pertinence concrète ? A ces questions, il est manifeste que nous ne répondons pas d’une seule voix.

Mais nos convergences sont apparues avec non moins d’évidence. En bref : l’accord général pour maintenir la référence à « la » littérature, aussi flou qu’en soit le concept, problématique la référence historique, plurielles les manifestations ; et le désir partagé d’ouvrir un espace de dialogue qui nous permette d’apercevoir, dans leur détail, les pratiques de recherche et les réflexes « disciplinaires » propres à chacun (individuellement, par spécialistes de telle ou telle période, ou de tel ou tel genre, etc.) afin de (re)trouver un terrain commun à la discipline.

Un terrain commun ?

Dans le chapitre « Histoire ou littérature » de son Sur Racine, Roland Barthes a pu opposer le commentaire critique et l’histoire littéraire, dont l'existence lui paraissait révéler la dualité de la chose littéraire, « œuvre » d'un côté, « toujours ambiguë puisqu’elle se prête à la fois à plusieurs significations » ; objet du monde de l'autre, c'est-à-dire fait politique, social, économique, idéologique. Derrière le mot « littérature », il y aurait donc toujours deux objets différents, requérant « deux disciplines différentes et d’objet et de méthode » : l’histoire, « dans la mesure où la littérature est institution » ; la psychologie, « dans la mesure où elle est création ». Cette dernière peut nous sembler aujourd'hui bien dépassée: l'essentiel est que pour Barthes, cela signifiait « deux géographies incommunicables », l'auteur lui-même n'étant qu'un point d’intersection illusoire puisque son individualité ne pouvait ni donner accès aux structures collectives, objet de l’histoire (« dès que l’on demande au groupe étudié une certaine consistance, l’individu recule »), ni permettre d'accéder, par le détour de son psychisme, à son œuvre. Bref, aucun rapport de causalité certain n’indique selon Barthes comment une œuvre est corrélée à un psychisme ou à un contexte historique.

Dans l’« Avant-propos », Barthes, en proclamant l’« être trans-historique de la littérature », avait en fait avancé une affirmation un peu différente : « cet être est un système fonctionnel dont un terme est fixe (l’œuvre) et l’autre variable (le monde, le temps qui consomment cette œuvre) » : « sens posé » et « sens déçu », l’œuvre est « disponibilité qui lui permet de se maintenir éternellement dans le champ de n’importe quel langage critique ». Le monde, cette fois-ci, n’est pas celui du contexte historique de l’œuvre ou de la création, mais celui du critique et de son commentaire ; et cette variable-ci ouvre sur la question de la responsabilité et de la compétence de ce dernier.

Depuis ces réflexions de Barthes, et même si l'histoire semble avoir gagné du terrain par rapport au commentaire, ou même si des articulations nouvelles en ont été proposées, l’objet « littérature » s’est encore divisé sous l'effet de l'atomisation des discours et des savoirs qui s’en sont emparés, et ces distinctions elles-mêmes semblent ne plus être opératoires. N'étaient-elles pas utiles, cependant, pour définir nos compétences et la spécificité de notre discipline? N'est-il pas temps de dresser un état des lieux et de nommer les méthodes et savoirs que nous mobilisons et que nous élaborons ?

Nous voudrions placer notre prochaine rencontre sous le signe de ces questions en proposant aux participants une formule originale.

D’une part, le colloque va faire se rencontrer des contributions de chercheurs reconnus dans leur spécialité et de chercheurs en voie de spécialisation (doctorants), ce qui nous permettra de poser des questions de transmission, de mémoire et de choix : qu’est-ce que c’est, pratiquement et subjectivement, « se spécialiser » ?

D’autre part, nous demanderons à un certain nombre de participants (cf. ci-dessous) de choisir un texte court, dont il peuvent se dire les spécialistes pour l’avoir étudié précisément, et de nous en présenter leur analyse. Ces textes choisis par eux seront donnés à commenter à des non-spécialistes (eux-mêmes, mais sur le texte d’un autre, si l’on peut dire) : chaque texte se trouvera donc commenté par un spécialiste (celui qui l’aura choisi) et un non-spécialiste : nous serons donc, chaque matin, en face de panels d’intervenants tour à tour spécialistes et non spécialiste.

Enfin, les après-midi, nous demanderons aux chercheurs intronisés dans leur spécialité de répondre à la question « de quoi sommes-nous les spécialistes » en essayant de définir, théoriquement, ce « quoi » à partir d’un exemple de leur choix, si possible un texte court également que l’assistance pourrait avoir sous les yeux et qui leur servirait à exposer ce qu’ils considèrent l’objet de leur propre « spécialité » ou compétence.

Nous voudrions, par cette triple ou quadruple expérimentation (les jeunes chercheurs interviendront de façon spécifique dans les deux cas), nous concentrer ensemble sur des questions dont nous débattons rarement dans les colloques : qu’est-ce qu’une discipline littéraire ? Est-ce un périmètre de compétences partagées ? Une forme de relation aux textes, une attention particulière ? Une spécialité ? Et qu’est-ce qu’une spécialité dans notre discipline ? A quel niveau, en somme, se situent notre spécialisation et notre professionnalisme ?

Le colloque se déroulera sur trois jours et demi, du mercredi 25 juin 2014, 9h, au samedi 28 juin 2014, 13h. La dernière demi journée, rassemblera tous les participants pour une discussion générale, introduite par des membres de Transitions. Les exposés du matin ne devront en aucun cas dépasser 10-15 mn afin d'aller à l'essentiel et de laisser un large temps à la discussion. Le colloque sera enregistré et fera l’objet d’une publication audio sur le site de Transitions (et écrite pour les contributions préparées à l’avance).

Ici, le programme détaillé des journées.   
 

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le 05/06/2014

Les 3KA en concertMusique franco-kabyle à l'honneur !

Jeudi 5 juin, à partir de 20h30


Le théâtre Aleph accueillera le jeudi 5 juin 2014 (20h30) le groupe les 3KA.

À l'interstice des montagnes de Kabylie et des faubourgs de Paris, les 3KA vous proposent un voyage poétique et musical à ne pas rater.

Infos pratiques : Théâtre Aleph - 30 rue Christophe, Colomb Ivry-sur-Seine

Métro : Pierre et Marie Curie. Tram : Maryse Bastié. Bus : 132

Tarifs : de 10€ à 15€ 

 

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le 20/05/2014

Seminaire Ecrivez-le avec des fleurs"Le mai le joli mai en barque pour le...20"!

Mardi 20 mai, de 18h30 à 20h30, en salle Max Milner
 
Car oui, le 20 de ce (plus ou moins) joli mai, votre équipe doctflorale préférée vous convie à la troisième et dernière séance de son séminaire "Ecrivez-le avec des fleurs:
 
"Métaflores artistiques: la métaphore florale en peinture et en danse".
 
Ainsi pour cet ultime épisode de notre saga florale, sortirons-nous des feuillets battus pour semer nos pensées vers de nouveaux champs disciplinaires!
De la peinture de Matisse à la chorégraphie telle que la conçoit l'artiste et théoricienne de la danse Wilfride Piollet, nous verrons de quelle façon la métaphore florale évolue du motif au moteur dans l'éclosion du geste créateur.
 
 
Les fleurstivités auront lieu en présence de Wilfride Piollet, le mardi 20 mai, de 18h30 à 20h30, en salle Max Milner (école doctorale 120, 2ème étage, escalier C, 17 rue de la Sorbonne).
 
Au plaisir de vous ac-cueillir, si possible, vêtus de vos plus beaux atours fleuris!
 
Excellente semaine,
 
L'équipe du projet innovant "Ecrivez-le avec des fleurs" (http://fleurs.hypotheses.org/)

 



le 28/01/2014
Rencontre mensuelle du BDP3
sur le thème de l’enseignement

28 janvier, 18h-20h


Cette année, le BDP3 lance une nouvelle thématique pour ses rencontres mensuelles. La prochaine réunion traitera, en effet, du thème de l’enseignement, thème qui concerne une grande majorité des doctorants.
Le BDP3 vous invite à sa prochaine rencontre, organisée en collaboration avec l’association RIDE*, qui aura lieu

le mardi 28 janvier
de 18h à 20h
en salle 387 à Censier

Lors de cette rencontre, l'association vous propose, non pas de vous livrer des recettes miracles, mais d’établir un échange autour de diverses expériences, en partageant les difficultés rencontrées, mais aussi les “trucs qui marchent”. C’est également l’occasion pour les doctorants enseignants de rencontrer d’autres personnes qui enseignent dans la même discipline et avec qui l’échange pourra se poursuivre au-delà de cette réunion, dans la perspective du réseau d’entraide et de partage que développe l’association RIDE.

* RIDE : Réseau Interuniversitaire des Doctorants Enseignants
http://www.ride-association.fr

 

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le 13/06/2013
Quand "La Sorbonne sonore s'honore" !

image soirée de lectures-ana zawislakVous aviez entendu parler des soirées de lectures à haute voix, organisées par la Sorbonne... Un petit rappel: tous les jeudis de juin, les étudiants qui ont suivi un an d'atelier "Sorbonne sonore" lisent, pour notre plus grand plaisir, quelques extraits de belles lettres. Compte-rendu par une de nos adhérentes et organisatrice - avec d'autres! - de l'évènement.

La demande de la main d'une fille prise à la lettre, un bébé exterminant ses parents l'un après l'autre, une maîtresse qui meurt dans le bras de son amant..., voilà quelques exemples d'histoires présentées pendant la soirée de la lecture à haute voix organisée par la Sorbonne. Le macabre et la frayeur s'entremêlait avec l'absurdité, pour vous donner la chair de poule ou provoquer le rire nerveux. Le public qui voulait faire de beaux rêves après ce spectacle, aurait dû mieux rester à la maison.    
 
Les responsables de ses cauchemars sont les étudiants de l'atelier « Sorbonne sonore ». Pendant un an, ils ont suivi la formation professionnelle sous l’œil vigilant des Livreurs. Maintenant c'est à eux de prouver leurs talents, en choisissant les extraits et les interprétant. Détrompez-vous, il n'y est pas question de simplement bien lire un texte, mais de vous faire entendre toute sa beauté et la complexité de sa ligne mélodique. Comme au concert de la musique classique, fermez les yeux et laissez-vous guider par les sons dessinant de nouveaux mondes dans votre imagination.

Vous êtes attendus pour rejoindre ce voyage littéraire tous les jeudis de juin. Le départ est prévu à 20h. Prochaines stations : amour, nourriture, voyage. De la souffrance au plaisir, de la douceur à la méchanceté, du rire aux larmes – un large panorama des sentiments inclus dans les textes classiques et contemporains, vous permettra de trouver quelque chose à votre goût. N'hésitez plus et réservez vos soirées à cette découverte des horizons inconnus et de vous-mêmes, peut-être.
 

Anna Zawislak

Au programme :
 
Jeudi 13 juin – 20h : Je voudrais te lire que je t’aime du jour où leurs yeux se rencontrèrent à lorsqu’ils se séparèrent, réécoutez avec délice ces moments-clés de la vie amoureuse.

Jeudi 20 juin – 20h : Les gourmands lisent casse-croûtes interdits dans la salle. Mais les lecteurs vous mettront peut-être en appétit…

Jeudi 27 juin – 20h : Les livres se font la malle et vous avec. Laissez-vous emporter par les plus beaux textes de la littérature du voyage et venez vous enivrer d’espace et de lumière et de cieux embrasés.

Lieu : Université Paris-Sorbonne – 29, rue Boursault, Paris 17e - M° Rome
Tarifs : 5 € (tarif normal) - 1 € (étudiants)



 
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e 07/05/2013

Journée des nouveaux docteurs de l’ED 120!

image-article-journée-nouveaux-docteurs-JYG-mai-2013Samedi 18 Mai, 9h30-17h

Salle Max Milner,
17 rue de la sorbonne,
2ème étage escalier C


Avis aux doctorants!

Tout ce que "vous avez toujours voulu savoir sur la thèse/la soutenance/l'après thèse and co, sans jamais oser le demander"! ("y a-t-il une vie après la thèse?", etc.)
Comme tous les ans, Jean-Yves Guérin réunit plusieurs tout nouveaux docteurs: ayant atteint le docto-graal en 2012, ils seront là pour vous faire part de leur expérience thésarde!
Une pêche aux informations, conseils, tuyaux... à ne pas rater!


L'équipe Relisons


 
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le 06/05/2013
Ecrivez-le avec des fleurs...

image pour article métaphore florale dans la littérature séminaire Céline Torrent et Anaëlle Touboul nous aimonsFraîchement éclos en septembre 2012 au sein de l’ED 120, le projet innovant « Ecrivez-le avec des fleurs » réunit une équipe de sept jeunes chercheurs-cueilleurs, mus par l’idée que lettres et fleurs savent composer, encore aujourd’hui, de bien harmonieux bouquets !

Force est de constater en effet que la fleur, cliché littéraire s’il en est depuis des temps immémoriaux,  n’a en fait rien perdu de sa vigueur poético-inspiratrice aux XXe et XXIe siècles. Aussi s’agira-t-il de se pencher sur les métamorphoses de ce motif et sa puissance métaphorique au cœur de la littérature moderne et contemporaine.

Afin de nous aider dans cette noble et, espérons-le, fertile quête, nous vous invitons à nous rejoindre sur notre excroissance numérique, plus communément appelée « blog » : http://fleurs.hypotheses.org/ !

Y seront régulièrement essaimés annonces,  comptes-rendus et enregistrements de séminaires, articles, billets… Toute contribution à ce pot-pourri cybernétique sera la bienvenue, n’hésitez pas à nous écrire… avec des fleurs !


Céline Torrent, Anaëlle Touboul

 
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le 23/04/2013
Recherche en cours!

image pour article recherche en cours nous aimons“Le boson de Higgs”, “le charme discret de l’immunologie”, “la fiction du corps dans l’image publicitaire – exemple des rousses”, “les savoirs amazoniens sur le monde” ou encore “les réalités du cinéma documentaire”… « dures, molles, humaines, sociales, expérimentales, exactes... un improbable cocktail de sciences » se trouve en vidéos et émissions radio en accès libre sur le site Recherche en cours, sur la plateforme internet Treize minutes ou encore en live à l’université Paris-Diderot.

Curiosité naturelle, intérêt ponctuel ou boulimie de nouveautés, le site satisfera sûrement tous les publics, se faisant un point d’honneur à donner « à entendre dans un langage simple et vivant, les questions que se posent aujourd’hui les scientifiques, leur quotidien dans les laboratoires, le regard qu’ils portent sur leur travail, la motivation qui les pousse à chercher »… et cela pour notre plus grand plaisir !

Plaisir autant parce que, jeunes chercheur-e-s, nous voulons que notre activité soit reconnue et valorisée – et ce genre d’initiative va largement dans ce sens –, autant parce que, d’un point de vue plus strictement personnel, le site offre un potentiel de stimulations intellectuelles et de joies presque enfantines, nous laissant découvrir au fil des conférences des univers aussi diverses que bigarrés, pluriels et hétéroclites. Bref, c’est vivant, énergisant, entraînant! 

Relisons aime ce genre d’entreprises qui prouvent que le monde de la recherche n’est pas voué à rester enfermé dans une tour d’ivoire inaccessible, ridiculement haute et dérisoirement impénétrable. L’objectif avoué et résolu des fondateurs et chroniqueurs du site est bien ainsi de « traque[r] l’essence de la démarche scientifique, (…) de tâtonne[r] avec ses invités pour observer la frontière ténue qui isole l’activité scientifique », évoquant pour raison première que la recherche « renvoie à de multiples enjeux politiques, économiques et culturels ». 

Rendez-vous sur le campus des Grands Moulins dans le 13e pour la prochaine édition ou dès maintenant sur les sites de Recherche en cours et de Treize minutes, et marquez d’une croix rouge les dates des deux vendredi par mois, de 10h à 11h, que la radio bénévole Aligre FM 93.1 consacre aux entretiens valorisant la vigueur de la recherche !

 
L'équipe Relisons
 
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04/04/2013
"PhD is sexy!"
évènement du BDP3 pour -nous aimons-Réservez une soirée par mois et venez retrouver l'équipe du BDP3 pour discuter autour d'un verre - ou plusieurs! - lors des soirées spéciales "jeunes chercheurs"!

La prochaine aura lieu le 17 avril... M'enfin, si vous en ratez une, vous pouvez toujours compter sur vos petits doigts et attendre le troisième mercredi de chaque mois!  Allez, on le redit une fois encore, rien que pour le plaisir: PhD is the new sexy!


Avant d'aller complaisamment s'enquanailler au Repaire,  le BDP3 vous invite tout d'abord à leur prochaine rencontre: 
 
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la thèse sans jamais oser le demander!
 
Elle sera consacrée à la question épineuse des publications et des communications. Quand, comment publier et communiquer? Venez avec vos questions et vos expériences à partager ! 

Rendez-vous mercredi 10 avril 2013 à Censier en salle 229 à partir de 18 heures
!
 
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21/02/2013
Les princesses au jardin potager de Wulf Kirsten

Rencontre avec le poète allemand Wulf Kirsten et lecture d’extraits de son œuvre Des Princesses au jardin potager, nouvellement traduite par Stéphane Michaud. La Sorbonne Nouvelle, le lundi 03 décembre 2012, avec Wulf Kirsten, Stéphane Michaud, Anne-Isabelle François, Jurgen Ritte et Henriette Michaud.

La monture est dorée, les verres sont épais et tombent presque jusqu’au milieu de ses joues rondes et bonhommes. Les petits yeux enfoncés semblent suivre avidement les caractères qui s’étalent sur la page, la quittant parfois pour se perdre dans l’assistance. Et Wulf Kirsten lit. Il lit son enfance d’une voix un peu rude, bourrue peut-être, l’accent dialectal s’éveillant parfois, les voyelles trébuchent sur les consonnes, l’allemand s’élève et révèle. Étrange étrangeté que le paysage de cette langue qui s’agrippe aux collines du souvenir et veut les typographier autrement, inscrivant dans son relief néologismes et expressions détonantes, assouplissant la langue pour la rendre docile à une richesse langagière toute nouvelle.

"Terrible épreuve et plaisir extraordinaire" de la traduction pour Stéphane Michaud qui a dû apprendre à distinguer le blé de l’avoine et du seigle, qui a dû sentir la matière de cet "audacieux registre d’image qui saisit la vie dans sa rugueuse immédiateté" (p.7). Allers et retours dans ce pays vallonné, voyages d’apprentissage et d’amitié, les relations du traducteur au poète font chemin depuis quelque temps déjà, depuis une autre rencontre, celle de Graviers, recueil de poèmes traduits en 2009. La traversée de l’œuvre de Kirsten par Michaud résonne en français, la prose des Princesses au jardin potager vibre des poésies et des écrits antérieurs et à venir – la rencontre fut ainsi l’occasion de l’annonce de la publication prochaine d’un autre recueil de poèmes de Wulf Kirsten traduits par Stéphane Michaud.

La voix haute de la lectrice, exaltée parfois jusqu’au débordement, faisait entendre des extraits de l’ouvrage, puis quelque fois, celle, allemande, du poète, évoquait à son tour les douces odeurs de pain et celles, brûlées, des roues crevées du vélo qu’il fallait alors pousser dans les descentes et tirer dans les montées jusqu’à la cour de la ferme. L’assistance écoutait, silencieuse, plaisir de la lecture orale, volupté de la langue étrangère, singularité de la prose en français, rebondissant et vagabondant. Lisez plutôt :

Deux jeunes s’égarent dans un champ de seigle. Il n’y a rien de plus à raconter. C’est toute l’affaire. Mais, là où j’ai grandi, il y avait encore des champs de seigle à perte de vue, dont les proportions, du point de vue d’un enfant, touchaient à l’infini. Incommensurables. Avant la récolte, la hauteur des tiges approchaient la taille d’un homme. Ces champs étaient entourés de mystère. Qui instillaient l’angoisse, suscitaient la peur. (
Chapitre IV, « Le champ de seigle », p. 81.)

Charlotte Sablé

Des Princesses au jardin potager, traduction de Stéphane Michaud, Éditions du félin, coll. « Les Marches du temps », Paris, 2012.
Texte original : Die Prinzessinnen im Krautgarten. Eine Dorfkindheit, Wulf Kirsten, Éditions Ammann, Zurich, 2000, désormais Éditions Fischer, Francfort/Main.


 

Graphisme : Bartholomé Girard